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Porquerolles : stage d'apnée avec Umberto Pelizzari

2011

Porquerolles : stage d'apnée avec Umberto Pelizzari

 
Umberto Pelizzari est le premier apnéiste du monde à être descendu à -150 mètres. C’était en 1999 et atteindre une telle profondeur paraissait impossible pour l’homme. Après une brillante carrière et de nombreux records du monde, le champion italien a décidé de transmettre sa passion en organisant des stages (en italien, anglais, français et espagnol).
Entre le 25 et le 30 septembre dernier, c’est à Porquerolles qu’il a fait vivre la « full immersion »
à 30 stagiaires. Le staff et les élèves étaient hébergés à l’hôtel club de l’Igesa. C’est également dans le centre qu’Umberto Pelizzari donnait ses cours théoriques et de relaxation. Un endroit choisi pour son emplacement exceptionnel et sa capacité d’accueil. Le champion y a déjà formé des élèves il y a une vingtaine d’années.
Parmi les stagiaires, 2 femmes seulement, des Français, des Italiens, des Camerounais et même un Russe !
Chaque année, Umberto Pelizzari propose une dizaine de stages destinés aussi bien aux débutants qu’aux apnéistes confirmés.
C’est Iléo, club d’activités nautiques partenaire de l’Igesa, qui a organisé cette session et a proposé au pluri recordman de donner les cours. En plus de réaliser le planning, le club de plongée a prêté trois bateaux et les équipements nécessaires à la pratique de l’apnée dans ce spot de plongée de plus en plus réputé.
La veille de son arrivée à Porquerolles, l’homme poisson a répondu à nos questions.


Vous organisez de nombreux stages d’apnée et rédigez des livres. Qu’est-ce qui vous a motivé à transmettre votre savoir ?
J’aime beaucoup ça et ça fait partie de mon boulot. J’aime la pédagogie. Je donne des infos aux élèves, des conseils et corrige leurs mouvements. Quand je suis dans l’eau avec eux, je pense aux gens enfermés dans les bureaux et me dis que j’ai beaucoup de chance !

Comment gérez-vous les différents niveaux ?
J’aide les confirmés à améliorer leur performance et corrige des détails. Aux débutants, qui découvrent un nouveau monde, je transmets ma manière de voir l’apnée et de ressentir les sensations, le plaisir. Il ne faut pas penser qu’à la profondeur. Le stage sert à mieux descendre et bien connaître les conditions de sécurité.

Abordez-vous des questions médicales ?
Non j’évite, je ne parle pas d’anatomie ou de ce genre de choses. Je m’attarde sur la relaxation,
la respiration, la compensation et l’aspect mental. Mais la plus grande partie du stage se fait dans l’eau, ça n’est pas un stage de relaxation. Nous passons entre 6 et 7 heures par jour dans l’eau, en piscine ou en mer.

Quels sont les meilleurs souvenirs de votre longue carrière ?
Il y en a plein ! Mon dernier record à 150 m reste un grand moment, la médecine disait que c’était impossible de descendre aussi profond. Mon premier record aussi face à Pipin (apnéiste cubain, NDLR), personne pensait que je pouvais le battre. Puis j’aime nager avec les dauphins, les baleines, les requins… tout !

Qu’est-ce que vous recherchiez dans l’aventure de la profondeur, est-ce seulement le fait de battre un record ?
En compétition, l’objectif est de battre un record et on s’y prépare de longs mois à l’avance. Et la magie de l’apnée, ce sont les sensations. Plus on descend, plus elles sont fortes.

Comment définissez-vous ces sensations ?
C’est très difficile à décrire. On ressent un sentiment de liberté, de relaxation totale, l’absence de poids, le cœur bat peu. Il se passe des choses bizarres niveau physiologique. En bas, il n’y a aucun bruit, aucune lumière et on réagit de manière différente.

Pour quelles raisons avez-vous arrêté votre carrière en 2001 ?
Après le 150 m, j’ai décidé que c’était mon dernier record. Je me suis dit : il faut s’arrêter.

Quelle a été votre réaction quand l’Autrichien Herbert Nitsch a dépassé les 214 m en 2007 ?
Nitsch est l’apnéiste le plus fort de l’histoire. Je le respecte beaucoup, c’est quelqu’un d’humain,
particulièrement gentil et disponible. Il est toujours en train de penser à la technique ; il utilise une nouvelle technique de compensation qui lui a permis de passer le mur des 200 m.

Peut-il aller plus profond selon vous ?
Oui il va y arriver. Selon moi, 250/300 m est un objectif possible grâce aux nouvelles techniques. Mais c’est seulement mon avis.

Umberto Pelizzari accompagne les apnéistes dans l'eau et corrige tous leurs mouvements.

   Le stage comprend aussi des séances de relaxation afin d'améliorer la respiration.

   C'est notre prestataire de plongée Iléo qui a organisé ce stage et fourni les bateaux et matériels à l'équipe.